Dynamisme encourageant – CCFC et Objectif Quebec
Ce jeudi soir, je reviens de deux enregistrements d’émission Pontransat où il était question des stagiaires français au Canada et des associations de premier ligne pour les nouveaux arrivants, dont Objectif Québec (OQ).
Dans la première émission j’ai eu la chance de rencontrer Véronique Loiseau, directrice de la Chambre de commerce française du Canada (CCFC) et Charlotte Daures, une stagiaire de son équipe. Le cadre que représente la CCFC pour les stagiaires est formidable. C’est un espace de vie et de formation extraordinaire pour les stagiaires.
La seconde émission m’a permis de mieux apprécier l’étendue des connaissances de Yoann Ronsin, président d’OQ, et le rôle de cette association. Je suis sorti de l’émission convaincu que tout nouvel arrivant devait passer par la case OQ pour être bien informé et bien dirigé.
Ces deux entretiens m’ont convaincu du dynamisme qui couve dans notre communauté, de son ouverture sur les autres cultures du Québec. Ils gagnent à être connus !
L’esprit de 1886 : rassemblement, solidarite et union
Si on doit s’attarder sur les événements marquants de la communauté française au Québec depuis la séparation entre la France et sa colonie, depuis que les anciens colons sont tour à tour des Canadiens, des Canadiens français et des Québécois, il existe une année qu’on pourrait qualifier de fondatrice.
Cette année clef est 1886. Sous le parrainage bienveillant du Consul de France à Montréal, les associations françaises s’associent pour organiser un 14 juillet festif. L’évènement autant que la collaboration entre les associations sont un succès. Il est donc décidé de créer autre chose, une suite, de ne pas laisser la motivation s’émousser. Ces mêmes associations fondent alors un comité qui débouche sur la création de l’Union française. Au même moment, et porté par le même souffle, la Chambre de commerce française de Montréal est fondée. Elle partage par la suite et pendant des années ses locaux avec l’Union française.
Il faut avoir conscience que 1886 n’est pas n’importe quel moment dans l’histoire de la communauté française. Autour de 1870 commence la période de la grande migration qui emporte vers les Amériques des millions d’Européens. Les Français ne sont pas en reste et beaucoup s’installent dans la province du Québec. Même si depuis 1763, des individus et des marchandises circulent et entrent au Québec (le libraire Hector Bossange, des religieux, les membres de l’association bonapartiste de Québec, négociants en vin, etc.), à partir de 1870 ce mouvement s’accélère. Mais l’immigration française n’est pas homogène. On rencontre des ouvriers, des travailleurs, des commerçants mais aussi des professions libérales, des investisseurs, etc. Politiquement, elle ne l’est pas non plus et représente la diversité des opinions politiques françaises : bonapartistes, royalistes et républicains.
Pourtant, malgré ces divisions naturelles, la communauté est capable de fonder deux associations (l’union française et la Chambre de commerce) qui non seulement vont perdurer mais qui vont aussi devenir les piliers et les vitrines de cette communauté.
Dès lors, 1886 apparaît comme un état d’esprit particulier : celui du rassemblement, de l’union et de la solidarité.
125 ans plus tard, en 2011, j’ai personnellement l’impression que cet esprit 1886 est à nouveau là. Les tensions entre les associations autant que les conflits interpersonnels qui ont miné la communauté dans les dernières 15 années semblent s’apaiser. La nouvelle direction de l’Union française ouvre pleinement ses portes pour accueillir les associations françaises. Ces dernières s’y rendent volontiers, heureuses d’avoir trouvé un espace où se rassembler. Mieux, financièrement ou grâce à des propositions, plusieurs d’entre elles essaient d’aider l’Union française à redresser la barre, à assainir ses finances. De plus, toute une génération d’immigrants arrivée après 1995 est en train de prendre sa place et ses responsabilités.
En 2011, il y a un nouvel esprit 1886 qui donne à l’engagement associatif un intérêt certain et qui modifie clairement l’atmosphère au sein de la communauté française.
Entreprises, entrepreneurs et associations
Ce matin, un article sur Rue89 attire particulièrement mon attention. Il s’intitule Et si les entreprises prêtaient leurs salariés aux associations ? On parle de mécénat de compétences qui se traduit par un prêt ou l’investissement de ressources humaines par les entreprises au sein d’associations.
Cet article me ramène clairement à la situation de la communauté française au Québec. Les entrepreneurs y jouent un rôle déterminant. Ils s’investissent personnellement, donnent du temps et parfois, comme ce fut le cas au CERF (Cercle des entrepreneurs et réseauteurs français), des idées. En effet, dernièrement, pour offrir des pistes de solutions à l’Union française, les membres du CERF ont réfléchi sur des solutions très pratiques pour rentabiliser l’Union française et la remettre à flot.
Peut-être que la prochaine étape est bien le prêt d’employés !
