Ces jours-ci, il faudrait vraiment y mettre de la mauvaise volonté pour ne pas voir les ouvertures que la veille gauche fait au MoDem. Après Ségolène Royale aux présidentielles de 2007, François Hollande a récemment parlé d’ouverture vis-à-vis de François Bayrou et, depuis, le débat est lancé. Sondages, articles, la presse s’interroge. Le MoDem est-il à gauche ? Faut-il
compter sur une alliance MoDem/PS ? Sur quelle base ?
Le PS, dont les divisions internes sont régulièrement étalées au grand jour, hésite. Quant à François Bayrou, il ne souhaite pas de programme commun (il a fait du MoDem un parti indépendant de l’UMP, ce n’est pas pour le remettre dans le giron du PS), mais n’écarte pas une alliance à moyen terme.
Quand on regarde les valeurs que défend le MoDem (Humanisme, nouvelle gouvernance, démocratie participative), quand on fait le point sur les nouveaux adhérents qui l’ont rejoint (anciens PS désabusés, personnes se plaçant souvent dans le centre-gauche), on ne peut que constater que ce parti a glissé dans la Social-Démocratie. Personnellement, j’ai même l’impression que les forces vives de la gauche ont quitté un PS écartelé par les ambitions personnelles et les courants, miné par une position d’opposition non constructive. Certains sont allés vers le MoDem, les autres vers l’extrême-gauche. Ceux qui restent au PS se retrouvent bien seuls et ont du mal à mettre leur parti en mouvement.
Pourtant, dans l’esprit de plusieurs membres de la veille gauche, le MoDem reste partie intégrante de la droite. Il me semble qu’ils sont dépassés et s’accrochent à une lecture surannée de la vie politique française. C’est sûr, le MoDem n’est pas un parti socialiste, membre de l’Internationale socialiste. Pourtant, il est allié avec la Parti démocrate italien, qui regroupe des partis de centre-gauche, au sein du Parti démocrate européen.
Ici localement, nous sommes régulièrement confrontés à un refus obtus de la vieille gauche, dogmatique et orthodoxe, qui se présente comme l’émanation de la Gauche, de la seule social-démocratie. Mais pourtant, avec quelques personnes éclairées, nous arrivons à travailler à avancer sur des projets concrets.
Dans la circonscription Est des États-Unis, le MoDem s’est entendu avec l’ADFE, faux-nez du PS, pour monter une liste commune. Dans la circonscription Ouest du Canada, la présidente de l’ADFE, Mme Francine Watkins, en deuxième position sur la liste du Conseiller membre du PS Dan Brignoli, est une sympathisante du MoDem. Je soutiens d’ailleurs personnellement leur liste, aux côtés de différents socialistes éminents comme me le rappelait un des lecteurs de ce blog. Différentes discussions avec de nombreuses personnes traditionnellement de gauche m’ont convaincu que nous partagions des valeurs sociales communes. Je suis moi-même issu du centre-gauche après une bref passage à l’UDF au tout début de ma vie citoyenne.
Je ne souhaite pas une alliance à tout prix avec le PS. Je ne souhaite pas non plus d’alliance avec l’UMP, même si je sais d’expérience qu’il est possible de discuter et de construire avec des personnes qui ne sont pas issues de la droite autoritaire. Mais je crois que ce serait se mentir que de placer le MoDem dans la démocratie chrétienne et non pas dans la social-démocratie. Il est par contre évident que les moyens d’action du MoDem, sa vision novatrice de l’action politique (incluant des concepts qui me paraissent essentiels comme la démocratie participative et la nouvelle gouvernance) marquent sa différence avec le socialisme. C’est pour cela d’ailleurs qu’il se présente comme humaniste.
Alors pendant encore combien de temps les nantis socialistes regarderont les actifs membres du MoDem de haut et resteront sur leurs vieilles idées ? Combien de temps faudra-t-il pour qu’ils cessent de se faire des docteurs ès social-démocratie ? Le temps d’un renouvellement de génération peut-être…