Florian Chiron, Français installé en Allemagne, est membre du Parti vert allemand et du MoDem. Alors qu’il vit en plein cœur de l’agitation liée aux élections européennes, il nous livre son opinion. Une chronique à suivre…

——————

Chères amies, chers amis,

J’avais osé, pendant les présidentielles, envoyer a nombre d’entre vous mon opinion, mon ressenti sur une campagne qui intéressait tout le monde.

J’ose en 2009 recommencer avec les élections européennes. Le travail est différent, tant l’enjeu est important, et en même temps l’intérêt des citoyens au niveau zéro.

D’abord, qui sait qu’il y a des élections européennes ? A y réfléchir, le psychodrame pathétique autour de la candidature de Rachida Dati a du nous mettre la puce a l’oreille. Oui, il y a une élection. Non, elle n’est pas intéressante, puisqu’on (on peut même dire "il") nous l’a présentée comme punition pour ministre en disgrâce.

En ce sens, la désinvolture du Président en même temps que son parti pris dans l’approche des européennes montre un mépris condamnable. Il voudrait désintéresser les Français des enjeux qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Son comportement est une ode à l’incivisme. D’ailleurs, l’UMP n’a même pas clôt ses listes, c’est dire leur intérêt à l’exercice. Avouons que ses concurrents ne font guère mieux : S.Royal devrait plutôt s’excuser auprès de nos partenaires que personne ne parle en France des européennes, elle ferait  mouche. F.Bayrou en est tout a sa croisade contre N.Sarkozy, courageuse et méritante, mais tellement hors du contexte des européennes. O.Besancenot prépare la révolution violente à laquelle il aspire en proclamant son désintérêt pour cette élection : j’appelle les électeurs à lui répondre tout aussi violemment.

Ce bilan est peu glorieux, il n’y a pas de quoi être fier de nos politiques.

Aussi le premier enjeu de ma prose est d’intéresser, de montrer l’importance de cette élection.

Au fait, c’est le 7 juin, cette élection. Vous voterez en même temps que 350 millions d’européens. Pensez-y. Pensez surtout que 100 millions d’entre eux se sont battus, il y a à peine 20 ans, pour pourvoir regagner ce droit. Bon, je sais, le 7 juin, il y a mille raisons de ne pas voter, des mariages, des fêtes de famille, des week-ends bucoliques. Faites une procuration, rendez visite aux gendarmeries pour ce faire, ces gens vous accueillent avec le sourire.

Mais pourquoi voter ? Et pour qui voter ? Deux questions auxquelles je tenterai de répondre ces prochaines semaines. Tache ardue s’il en est.

Je ne serai ni neutre, ni objectif, je ne suis pas un journaliste, mais un citoyen intéressé par la politique. Je sais que je voterai, je sais pour qui je voterai, je sais même que tout le monde sait pour qui je voterai.

Peu importe, je n’écris pas ces lignes pour me convaincre, mais pour vous convaincre. Le démocrate que je suis ne combat pas pour un camp quelconque, mais pour une démocratie vivante.

Alors le 7 juin, pensez-y, exprimez-vous ! Votez pour l’Europe ! Oubliez Sarkozy et la vie politique française. Pensez à Monnet, Schumann, de Gasperi, Delors, Kohl, Mitterrand qui ont bâti l’Europe : on change de dimension historique, non ?

Intéressez-vous alors aux Michel Barnier, Jean-François Kahn, Daniel Cohn-Bendit qui vont défendre vos intérêts de citoyen européen a Strasbourg et Bruxelles.

Ecoutons ce qu’ils nous diront sur l’Europe, c’est souvent rafraichissant.

Renseignez-vous sur Juan-Manuel Barroso, le décrié et inefficace Président de la Commission (j’y reviendrai), soutenu par une alliance entre socialistes et conservateurs européens, pour réfléchir a son remplacement et au sens de votre suffrage.

Ca fait du bien de parler d’Europe.

Je vous souhaite une bonne semaine.

Florian

Une réponse à to “Élections européennes, le point de vue de Florian Chiron”

Laisser un commentaire