Archive pour mai 2009
L’Equipe bleu, blanc, bouge !, soutenue par le Modem, vient de mettre en ligne les professions de foi des listes candidates aux élections AFE pour la circonscription du Québec et des provinces de l’Atlantique.
Pour les lire, cliquez ici.
Dans la plupart des circonscriptions en Afrique et aux Amériques où des listes MoDem ou soutenues par le MoDem sont candidates aux élections AFE, la droite tend à les faire passer pour un scud de la gauche et la gauche fait tout pour en faire des listes de droite. C’est de vieille tradition que de mélanger les genres de la sorte. Rassurons-nous, aux Européennes la tradition est maintenue. J’ai même lu certains articles de blogues sur les élections où nous étions qualifiés de libéraux. Et pourtant nous n’avons rien à voir avec feu Madelin. Il me semble que nous sommes avant tout des sociaux-démocrates.
Mais à ces vieilles attaques, cette fois, le PS et l’UMP prétendent que le MoDem n’a pas de programme européen. François Bayrou invite les membres du MoDem à réagir.
Paris, le 20 mai 2009
Chers amis,
Je veux d’abord vous remercier pour votre engagement dans notre campagne européenne. Partout en France, vous êtes présents, chaleureux, convaincus. C’est formidable pour nos candidats, et je vous en ai personnellement beaucoup de gratitude.
Comme vous l’avez remarqué, ces temps-ci, nous subissons beaucoup d’attaques, des deux côtés. D’une certaine manière, c’est tant mieux, car c’est la preuve que nous dérangeons. Je crois même que nous dérangeons beaucoup.
Mais la leçon que j’ai retirée du passé, c’est qu’il ne faut pas laisser ces attaques sans réponse.
Ces derniers jours, une de ces attaques a été : « ils n’ont pas de programme ». Pour nous, qui avons passé de longs mois à élaborer le nôtre, avec 16 commissions thématiques, huit conventions nationales, c’est un peu agaçant.
Je pourrais répondre moi-même, bien sûr, ou inviter nos candidats à le faire. Mais il me paraît plus drôle et plus convainquant que vous assumiez cette réponse, comme adhérents et membres de notre communauté militante.
Je vous adresse donc, en pièce jointe à télécharger, notre programme dans sa rédaction définitive.
Et je vous propose de l’adresser vous-même, d’abord à vos amis, à vos contacts, à charge pour eux de le diffuser. Tout débat sera utile et intéressant. Et ensuite, envoyez le directement, chaque fois que nécessaire, aux responsables de l’UMP, du PS, ou autres qui portent ces accusations, avec un message personnel. La lecture de ce programme et de votre petit message ne manquera pas, j’en suis sûr, de leur faire plaisir et de leur fournir des idées, ce qui est à la fois charitable et civique…
Merci de cet effort souriant et militant. Cordialement à vous.
François Bayrou
Après sa première lettre sur la campagne européenne vue d’Allemagne, Florian Chiron nous envoie un second texte… nous le publions avec un peu de retard. Que Florian nous le pardonne.
Chères amies, chers amis,
je vous remercie pour vos nombreux remerciements et encouragements à ma première lettre sur les élections européennes.
Merci pour vos commentaires : une correspondante n’était pas au courant de l’élection, un autre, candidat MoDem en position éligible, espérait que le parti et son Président entendrait mon message (parler d’Europe), mes amis d’Allemagne me demande de parler de l’élection dans une optique européenne, globale, franco-allemande.
Il est en matière électorale fondamental de parler du thème de l’élection et de ne pas se fourvoyer dans des considérations annexes: c’est aussi pour moi un signe de maturité citoyenne, qui peut faire changer la nature de vote selon le type d’élection. Il faut faire abstraction de la notion de camp. Il n’y a rien de plus abrutissant que de dire "je vote UMP aux européennes car j’adore Sarko" ou d’avoir dit en 2007 "Royal n’est pas top mais je dois voter pour elle car je suis de gauche". Bref, voter aux européennes veut dire voter pour une certaine logique politique européenne. Je ne voterai pas par discipline, mais par conviction étayée d’une solide argumentation. Je vous remercie de m’accompagner sur le chemin de cette réflexion.
D’abord, il faut voter pour des candidats engagés pour l’Europe. Il est hallucinant de voir que certains partis (CDU, SPD, PS ou UMP) placent sur leurs listes des candidats plus en fonctions de rapports de force internes ou de contraintes de "recasage" de déçus du suffrage universel qu’en fonction d’efficacité au Parlement: Il est aberrant de voir que les députes européens socialistes les plus actifs au Parlement ne sont pas reconduits faute d’être dans le bon camp interne.
En France, en Allemagne aussi, en fait partout en Europe, on nous fait croire que c’est l’Europe la cause de nombre de décisions nationales impopulaires. Il y a du vrai et du faux. Du faux, car énormément de domaines restent du domaine de l’Etat: éducation, justice, sante, etc. Du vrai, parce que l’Europe cherche à améliorer concrètement la vie des citoyens en empêchant par ex. aux Etats de favoriser des monopoles de fait. Par exemple, la tarification télé-téléphone-internet à moins de 30 euros, le portage du numéro en cas de changement d’operateur, la mise en place d’un cout du SMS unique en Europe, sont tant de mesures imposées par l’Union. "Quand l’Europe veut, elle peut" nous répète à l’ envi notre cher Président. Elle peut surtout voter des amendements empêchant l’application de la loi Hadopi (1), inique, coûteuse et inefficace sur le téléchargement illégal en protégeant le droit fondamental qu’est l’accès au Net. Certes, Sarkozy a fait pression sur le Président de la Commission Barroso pour qu’il enlève cet amendement : Barroso s’est couché, comme toujours devant Sarkozy, cependant en Europe il existe la séparation des pouvoirs et les députés godillots sont rares. A vous de contribuer plus encore a cette rareté…
En 2005, Bolkenstein avait tué l’Europe. En 2009, espérons qu’Hadopi la fasse renaitre, au moins en France. Pour ceci, il faut des députés non compromis dans la collusion PPE-PSE du Parlement autour de Barroso, et pas non plus à la botte d’un dirigeant d’un pays européen. Des députés qui ne viennent pas d’un parti qui dit moitié oui, moitié non à l’Europe. Des députés qui refusent le retour en arrière, lorsque les lobbys industriels ne voyaient pas leurs pouvoirs dilués par l’Europe. Des députés qui ont envie de siéger pour vous protéger et faire avancer l’Europe.
Autant d’indications sur le sens d’un vote. Peu de partis peuvent y prétendre. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans les prochains jours.
Je vous souhaite un excellent week-end et une bonne fête de l’Europe aujourd’hui.
Florian
(1) pour un excellent commentaire sur le rôle du Parlement européen dans le cas d’Hadopi, lisez ce lien : http://ffunivers.blogspot.com/2009/05/hadopi-quand-le-conseil-attaque-le.html
La campagne électorale pour les élections AFE de juin 2009 dans la circonscription Est du Canada est haute en couleur. Nous avons déjà fait écho de l’Affaire du comité de soutien de la liste menée par M. Lubrina et la réaction historique de 6 listes candidates pour dénoncer ces agissements peu respectueux et peu républicains.
Depuis le début du mois d’avril, nous savions que le comité de soutien de M. Lubrina utilisait abusivement le nom de M. Elie Benchétrit, qui avait donné son soutien à la liste Bleu, blanc, bouge !, soutenue par le MoDem. Pour toute réponse, M. Lubrina avait trouvé une fausse excuse et n’avait donné qu’un simple et rapide coup de téléphone à M. Benchétrit. Aucune excuse officielle, aucun geste permettant de rétablir la crédibilité de M. Benchétrit.
Bref, le Conseiller des Français de l’Etranger sortant et délégué UMP aux méthodes peu recommandables cherchait à étouffer l’Affaire à moindre frais.
Pour réagir et faire enfin en sorte que M. Benchétrit reçoive les excuses méritées, nous avons écrit à une personne probe et honnête qui, nous l’espérons, agira avec tact et sens des responsabilités. Il s’agit du président de l’UFE locale et président du comité de soutien de M. Lubrina : Daniel de Siran de Cavanac.
Ces jours-ci, il faudrait vraiment y mettre de la mauvaise volonté pour ne pas voir les ouvertures que la veille gauche fait au MoDem. Après Ségolène Royale aux présidentielles de 2007, François Hollande a récemment parlé d’ouverture vis-à-vis de François Bayrou et, depuis, le débat est lancé. Sondages, articles, la presse s’interroge. Le MoDem est-il à gauche ? Faut-il
compter sur une alliance MoDem/PS ? Sur quelle base ?
Le PS, dont les divisions internes sont régulièrement étalées au grand jour, hésite. Quant à François Bayrou, il ne souhaite pas de programme commun (il a fait du MoDem un parti indépendant de l’UMP, ce n’est pas pour le remettre dans le giron du PS), mais n’écarte pas une alliance à moyen terme.
Quand on regarde les valeurs que défend le MoDem (Humanisme, nouvelle gouvernance, démocratie participative), quand on fait le point sur les nouveaux adhérents qui l’ont rejoint (anciens PS désabusés, personnes se plaçant souvent dans le centre-gauche), on ne peut que constater que ce parti a glissé dans la Social-Démocratie. Personnellement, j’ai même l’impression que les forces vives de la gauche ont quitté un PS écartelé par les ambitions personnelles et les courants, miné par une position d’opposition non constructive. Certains sont allés vers le MoDem, les autres vers l’extrême-gauche. Ceux qui restent au PS se retrouvent bien seuls et ont du mal à mettre leur parti en mouvement.
Pourtant, dans l’esprit de plusieurs membres de la veille gauche, le MoDem reste partie intégrante de la droite. Il me semble qu’ils sont dépassés et s’accrochent à une lecture surannée de la vie politique française. C’est sûr, le MoDem n’est pas un parti socialiste, membre de l’Internationale socialiste. Pourtant, il est allié avec la Parti démocrate italien, qui regroupe des partis de centre-gauche, au sein du Parti démocrate européen.
Ici localement, nous sommes régulièrement confrontés à un refus obtus de la vieille gauche, dogmatique et orthodoxe, qui se présente comme l’émanation de la Gauche, de la seule social-démocratie. Mais pourtant, avec quelques personnes éclairées, nous arrivons à travailler à avancer sur des projets concrets.
Dans la circonscription Est des États-Unis, le MoDem s’est entendu avec l’ADFE, faux-nez du PS, pour monter une liste commune. Dans la circonscription Ouest du Canada, la présidente de l’ADFE, Mme Francine Watkins, en deuxième position sur la liste du Conseiller membre du PS Dan Brignoli, est une sympathisante du MoDem. Je soutiens d’ailleurs personnellement leur liste, aux côtés de différents socialistes éminents comme me le rappelait un des lecteurs de ce blog. Différentes discussions avec de nombreuses personnes traditionnellement de gauche m’ont convaincu que nous partagions des valeurs sociales communes. Je suis moi-même issu du centre-gauche après une bref passage à l’UDF au tout début de ma vie citoyenne.
Je ne souhaite pas une alliance à tout prix avec le PS. Je ne souhaite pas non plus d’alliance avec l’UMP, même si je sais d’expérience qu’il est possible de discuter et de construire avec des personnes qui ne sont pas issues de la droite autoritaire. Mais je crois que ce serait se mentir que de placer le MoDem dans la démocratie chrétienne et non pas dans la social-démocratie. Il est par contre évident que les moyens d’action du MoDem, sa vision novatrice de l’action politique (incluant des concepts qui me paraissent essentiels comme la démocratie participative et la nouvelle gouvernance) marquent sa différence avec le socialisme. C’est pour cela d’ailleurs qu’il se présente comme humaniste.
Alors pendant encore combien de temps les nantis socialistes regarderont les actifs membres du MoDem de haut et resteront sur leurs vieilles idées ? Combien de temps faudra-t-il pour qu’ils cessent de se faire des docteurs ès social-démocratie ? Le temps d’un renouvellement de génération peut-être…
Six des huit listes candidates aux élections pour l’AFE de la circonscription Est du Canada viennent de signer et de publier une motion commune appelant à une campagne propre et dénonçant les différents abus de la liste de M. Lubrina.
Non seulement ce geste a une valeur morale forte mais c’est également une signature historique puisque jamais dans des élections AFE autant de listes concurrentes avaient pu s’entendre pour produire une motion commune.
Florian Chiron, Français installé en Allemagne, est membre du Parti vert allemand et du MoDem. Alors qu’il vit en plein cœur de l’agitation liée aux élections européennes, il nous livre son opinion. Une chronique à suivre…
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Chères amies, chers amis,
J’avais osé, pendant les présidentielles, envoyer a nombre d’entre vous mon opinion, mon ressenti sur une campagne qui intéressait tout le monde.
J’ose en 2009 recommencer avec les élections européennes. Le travail est différent, tant l’enjeu est important, et en même temps l’intérêt des citoyens au niveau zéro.
D’abord, qui sait qu’il y a des élections européennes ? A y réfléchir, le psychodrame pathétique autour de la candidature de Rachida Dati a du nous mettre la puce a l’oreille. Oui, il y a une élection. Non, elle n’est pas intéressante, puisqu’on (on peut même dire "il") nous l’a présentée comme punition pour ministre en disgrâce.
En ce sens, la désinvolture du Président en même temps que son parti pris dans l’approche des européennes montre un mépris condamnable. Il voudrait désintéresser les Français des enjeux qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Son comportement est une ode à l’incivisme. D’ailleurs, l’UMP n’a même pas clôt ses listes, c’est dire leur intérêt à l’exercice. Avouons que ses concurrents ne font guère mieux : S.Royal devrait plutôt s’excuser auprès de nos partenaires que personne ne parle en France des européennes, elle ferait mouche. F.Bayrou en est tout a sa croisade contre N.Sarkozy, courageuse et méritante, mais tellement hors du contexte des européennes. O.Besancenot prépare la révolution violente à laquelle il aspire en proclamant son désintérêt pour cette élection : j’appelle les électeurs à lui répondre tout aussi violemment.
Ce bilan est peu glorieux, il n’y a pas de quoi être fier de nos politiques.
Aussi le premier enjeu de ma prose est d’intéresser, de montrer l’importance de cette élection.
Au fait, c’est le 7 juin, cette élection. Vous voterez en même temps que 350 millions d’européens. Pensez-y. Pensez surtout que 100 millions d’entre eux se sont battus, il y a à peine 20 ans, pour pourvoir regagner ce droit. Bon, je sais, le 7 juin, il y a mille raisons de ne pas voter, des mariages, des fêtes de famille, des week-ends bucoliques. Faites une procuration, rendez visite aux gendarmeries pour ce faire, ces gens vous accueillent avec le sourire.
Mais pourquoi voter ? Et pour qui voter ? Deux questions auxquelles je tenterai de répondre ces prochaines semaines. Tache ardue s’il en est.
Je ne serai ni neutre, ni objectif, je ne suis pas un journaliste, mais un citoyen intéressé par la politique. Je sais que je voterai, je sais pour qui je voterai, je sais même que tout le monde sait pour qui je voterai.
Peu importe, je n’écris pas ces lignes pour me convaincre, mais pour vous convaincre. Le démocrate que je suis ne combat pas pour un camp quelconque, mais pour une démocratie vivante.
Alors le 7 juin, pensez-y, exprimez-vous ! Votez pour l’Europe ! Oubliez Sarkozy et la vie politique française. Pensez à Monnet, Schumann, de Gasperi, Delors, Kohl, Mitterrand qui ont bâti l’Europe : on change de dimension historique, non ?
Intéressez-vous alors aux Michel Barnier, Jean-François Kahn, Daniel Cohn-Bendit qui vont défendre vos intérêts de citoyen européen a Strasbourg et Bruxelles.
Ecoutons ce qu’ils nous diront sur l’Europe, c’est souvent rafraichissant.
Renseignez-vous sur Juan-Manuel Barroso, le décrié et inefficace Président de la Commission (j’y reviendrai), soutenu par une alliance entre socialistes et conservateurs européens, pour réfléchir a son remplacement et au sens de votre suffrage.
Ca fait du bien de parler d’Europe.
Je vous souhaite une bonne semaine.
Florian