Archive pour la catégorie ‘Débat’

L’affaire Hortefeux et ses propos racistes, inadmissibles dans la bouche d’un ministre de la République française, ont fait couler beaucoup d’encre. Ils ont soulevé à juste titre une réaction républicaine saine et nécessaire que nous ne pouvons qu’appuyer. Le plus incroyable est comment peut-on mettre à la retraite un préfet qui dit des choses similaires et laisser dire son ministre responsable ? Nous sommes à l’ère du deux temps, trois mesures, de l’exception à cause de la position.

En guise de réaction, pour calmer le jeu selon certains, le gouvernement laisse filer les tests ADN. Eric Besson retire cette loi inique, proposée et défendue par Brice Hortefeux. Mais à peine l’annonce faite, voila que la droite se divise à nouveau entre les tenants d’une droite dure et celle d’une droite républicaine, plus apte à défendre des principes. Copé s’oppose à Besson au nom de l’application des lois votées par le parlement. Ce lundi matin, aux 4 vérités sur France 2, le même Copé défend mordicus Hortefeux, mais surtout explique qu’il est important de créer un débat sur la liberté d’expression sur l’Internet. Selon lui, la vidéo d’Hortefeux ouvre ce nouveau débat et non pas celui sur de “pseudo” propos racistes.

D’ailleurs, toujours dans les 4 vérités, il minimise les propos d’Hortefeux, expliquant qu’il faisait le genre de blague que tout le monde fait entre amis. Je suis désolé M. Copé, mais je n’ai pas d’amis qui font ce genre de bonnes veilles blagues racistes. Et lorsque je les entends, je marque constamment mon désaccord.

Il est vraiment temps que les partis politiques qui ont une conscience républicaine s’entendent pour défendre les principes républicains. Il ne s’agit pas d’une opposition bornée au Sarkozisme, mais vraiment une lutte de principes, d’idées et de projet de société.

 

Ces jours-ci, il faudrait vraiment y mettre de la mauvaise volonté pour ne pas voir les ouvertures que la veille gauche fait au MoDem. Après Ségolène Royale aux présidentielles de 2007, François Hollande a récemment parlé d’ouverture vis-à-vis de François Bayrou et, depuis, le débat est lancé. Sondages, articles, la presse s’interroge. Le MoDem est-il à gauche ? Faut-il compter sur une alliance MoDem/PS ? Sur quelle base ?

Le PS, dont les divisions internes sont régulièrement étalées au grand jour, hésite. Quant à François Bayrou, il ne souhaite pas de programme commun (il a fait du MoDem un parti indépendant de l’UMP, ce n’est pas pour le remettre dans le giron du PS), mais n’écarte pas une alliance à moyen terme.

Quand on regarde les valeurs que défend le MoDem (Humanisme, nouvelle gouvernance, démocratie participative), quand on fait le point sur les nouveaux adhérents qui l’ont rejoint (anciens PS désabusés, personnes se plaçant souvent dans le centre-gauche), on ne peut que constater que ce parti a glissé dans la Social-Démocratie. Personnellement, j’ai même l’impression que les forces vives de la gauche ont quitté un PS écartelé par les ambitions personnelles et les courants, miné par une position d’opposition non constructive. Certains sont allés vers le MoDem, les autres vers l’extrême-gauche. Ceux qui restent au PS se retrouvent bien seuls et ont du mal à mettre leur parti en mouvement.

Pourtant, dans l’esprit de plusieurs membres de la veille gauche, le MoDem reste partie intégrante de la droite. Il me semble qu’ils sont dépassés et s’accrochent à une lecture surannée de la vie politique française. C’est sûr, le MoDem n’est pas un parti socialiste, membre de l’Internationale socialiste. Pourtant, il est allié avec la Parti démocrate italien, qui regroupe des partis de centre-gauche, au sein du Parti démocrate européen.

Ici localement, nous sommes régulièrement confrontés à un refus obtus de la vieille gauche, dogmatique et orthodoxe, qui se présente comme l’émanation de la Gauche, de la seule social-démocratie. Mais pourtant, avec quelques personnes éclairées, nous arrivons à travailler à avancer sur des projets concrets.

Dans la circonscription Est des États-Unis, le MoDem s’est entendu avec l’ADFE, faux-nez du PS, pour monter une liste commune. Dans la circonscription Ouest du Canada, la présidente de l’ADFE, Mme Francine Watkins, en deuxième position sur la liste du Conseiller membre du PS Dan Brignoli, est une sympathisante du MoDem. Je soutiens d’ailleurs personnellement leur liste, aux côtés de différents socialistes éminents comme me le rappelait un des lecteurs de ce blog. Différentes discussions avec de nombreuses personnes traditionnellement de gauche m’ont convaincu que nous partagions des valeurs sociales communes. Je suis moi-même issu du centre-gauche après une bref passage à l’UDF au tout début de ma vie citoyenne.

Je ne souhaite pas une alliance à tout prix avec le PS. Je ne souhaite pas non plus d’alliance avec l’UMP, même si je sais d’expérience qu’il est possible de discuter et de construire avec des personnes qui ne sont pas issues de la droite autoritaire. Mais je crois que ce serait se mentir que de placer le MoDem dans la démocratie chrétienne et non pas dans la social-démocratie. Il est par contre évident que les moyens d’action du MoDem, sa vision novatrice de l’action politique (incluant des concepts qui me paraissent essentiels comme la démocratie participative et la nouvelle gouvernance) marquent sa différence avec le socialisme. C’est pour cela d’ailleurs qu’il se présente comme humaniste.

Alors pendant encore combien de temps les nantis socialistes regarderont les actifs membres du MoDem de haut et resteront sur leurs vieilles idées ? Combien de temps faudra-t-il pour qu’ils cessent de se faire des docteurs ès social-démocratie ? Le temps d’un renouvellement de génération peut-être…

 

Nous, Français de l’Étranger qui avons décidé de quitter la France, nous pouvons nous interroger sur le rôle et la raison d’être d’un parti politique français à l’étranger.  Pourquoi nous engager et prendre notre carte dans un parti français alors que nous sommes à des milliers de kilomètres de la métropole ?

Je crois qu’il y a plusieurs facteurs et éléments qui jouent dans le fait de s’encarter. Certains d’entre eux sont personnels. Mais le plus général et le plus évident est d’entretenir un lien avec la France. Même loin, même intégrés, nous sommes et nous restons des Français. S’investir dans un parti politique, c’est se dire et dire à la France qu’on ne l’a pas oublié et que le lien est toujours là.

Pour moi, personnellement, s’investir dans un parti français à l’étranger, c’est plus important que le simple lien affectif avec la métropole. C’est :

  • défendre et croire à des valeurs, les promouvoir et les porter dans la communauté française ;
  • créer un lien entre sa société d’accueil et la France pour rapprocher les mouvements d’idées communs, échanger sur les projets de l’un ou de l’autre, faire remonter l’information sur les bons coups, bref être un trait d’union actif entre deux culture sans en dénigrer l’un ou l’autre ;
  • s’engager auprès de ses compatriotes, faire une politique de terrain pour servir sa communauté.

Plus qu’en France, pour moi s’encarter quand on est à l’étranger, c’est être dans l’action !

 

Anthony